Acherontia atropos L., 1758(Sphinx à tête de mort)
ClassificationLepidoptera > Sphingidae > Sphinginae
OrigineRégion holarctique, Afrique, Proche-Orient. C’est un grand migrateur, et peut remonter très au nord de son aire de répartition lorsque les conditions sont favorables.
Plantes hôtes(Extrait du « Répertoire des plantes-hôtes de substitution des chenilles du monde » d’A. SANTIN)Plantes-hôtes d’origine :-
Nerium sp. (laurier rose)
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Ehretia sp.
- Cannabis sp.
- Philadelphus sp. (seringats)
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Atropa belladona (belladone)
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Datura sp. (stramoine…)
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Lycium barabarum (liciet)
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Nicotinia glauca (tabac)
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Solanum dulcamara (douce-amère)
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Solanum tuberosum (pomme de terre)
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Withania sp. La pomme de terre (
Solanum tuberosum) a été introduite en Europe au XVIIIème siècle et est depuis la principale plante-hôte naturelle de cette espèce. Avant cela, l’espèce était en nombre plus réduit et pouvait migrer plus au nord où elle consommait essentiellement de la belladone (Atropa belladona) et de la stramoine (Datura stramonium). Plantes-hôtes de substitution : -
Erigeron sp. (vergerettes)
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Tecomaria sp.
- Lonicera sp. (chèvrefeuilles)
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Ipomoea sp. (patate douce, liserons)
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Cornus sp. (cornouillers)
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Vicia sp. (vesces)
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Juglans sp. (noyers)
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Salvia sp. (sauges)
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Teucrium fruticans (germandrée arbustive)
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Buddleia sp. (arbres à papillons)
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Gossypium sp. (cotonniers)
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Hoslundia sp.
- Fraxinus sp. (frênes)
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Jasminium dichotonium-
Ligustrum sp. (troènes)
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Olea europaea (olivier)
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Schrebera alata-
Syringa sp. (lilas)
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Sesarum sp.-
Fragaria sp. (fraisier)
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Malus sp. (pommiers)
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Prunus sp. (pruniers et cerisiers)
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Pyrus sp. (poiriers)
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Rubia peregrina (fausse-garance)
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Salix sp. (saules)
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Philadelphus sp. (seringats)
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Verbascum sp. (molènes ou bouillons-blancs)
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Urtica sp. (orties)
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Clerodendrum sp. (clérodendrons)
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Duranta sp.-
Lantana camara
- Lippia citriodora (verveine citronnelle)
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Stachytarpheta indica
- Zygophyllum sp
- Euonymus sp.En élevage, de bons résultats ont été observés sur
Ligustrum sp. qui a surtout l’avantage d’être persistant.
Le fusain (
Euonymus sp.) donne de meilleurs résultats que le troène : les chenilles matures sont plus grosses et elles sont aussi légèrement plus vertes.
En ce qui concerne les autres plantes-hôtes de substitution citées ci-dessus, je n’en ai personnellement testé aucune autre.
BiologieLe cycle complet, d’œuf à œuf, est très rapide : pour exemple, à environ 24°C, il est de l’ordre de 2 mois - 2 mois et demi, soit 5 générations par an !
Les œufsInitialement vert-pâles, ils deviennent jaune-pâles avec un point ou une ligne marron lorsqu’ils sont fécondés (la queue de la jeune chenille devient visible par transparence). Ce changement est léger mais néanmoins observable (Annexe 1).
L’incubation est de 7 jours en moyenne : elle peut varier de 5 à 10 jours selon la température.
Pour les décoller de leur support, il est recommander de les humidifier avant car ils sont assez fragiles et risquent d’être endommagés pendant cette opération.
Les chenillesLe stade larvaire se divise en 5 phases (L1 à L5) (Annexe 2). Leur développement est très rapide et dure plus ou moins 25 jours selon la température d’élevage (plus elle est élevée et plus et plus la croissance est rapide !).
A la naissance, les jeunes chenilles peuvent se dessécher avant même avoir commencé à s’alimenter (ce problème ne se présente pas à chaque fois). Pour résoudre ce problème, on peut placer les œufs sur le point d’éclore dans une boite en plastique tapissé de papier absorbant humidifié (légèrement) et dont le couvercle est percé de quelques trous (juste pour qu’il y ait une légère aération tout en conservant l‘humidité). Placer aussi quelques feuilles de la plante hôte dans cette boite. Quand les chenilles ont commencé à se nourrir (on le remarque à un changement de couleur : elles deviennent vertes), on peut les placer dans une enceinte beaucoup plus aérée (type « fauna box » ou à l’air libre).
Il ne faut pas les laisser trop longtemps dans une atmosphère humide par crainte de voir se développer une virose (il ne faut pas oublier que cette espèce est originaire d’Afrique et s’adapte très bien sur tout le pourtour méditerranéen en été, et ne demande donc pas une humidité ambiante élevée).
Petite observation : lorsqu’on place une chenille nouvellement née sur un coton imbibée d’eau, on remarque que celle-ci s’allonge (elle boit et ne se desséchera donc pas !).
Les jeunes chenilles sont solitaires et la promiscuité peut les conduire au cannibalisme (ceci reste néanmoins rare et je n’ai d’ailleurs jamais eu le cas dans mon élevage).
Au stade L5, on peut voir apparaître 2 colorations distinctes : certaines gardent leur couleur vert-jaune et d’autres prennent une couleur marron (Annexe 3, 4 et 5). Il existe une gamme très importante de nuances passant du jaune très intense au jaune-vert, et du brun plus ou moins foncé avec des stries pouvant être de couleur différentes. Le mécanisme reste à déterminer, mais il a été observé que cette couleur (nuances) variait aussi en fonction de la plante hôte utilisée.
Remarque : pour les chenilles brunes en L5, juste après la mue L4-L5, elles sont jaunes et c’est seulement dans les minutes (voire les heures) qui suivent qu’elles deviennent brunes. Ainsi, on peut observer des chenilles dont la tête est marron et le reste du corps jaune.
Dans de rares cas, un stade supplémentaire L6 peut survenir (Annexe 6), rallongeant ainsi la durée du cycle d’environ une dizaine de jours (voire plus). La larve ne sera pas pour autant plus grosse que les autres.
Remarque : les chenilles se cramponnent fortement à leur plante hôte et lors de la manipulation, il faut faire attention à ne pas les blesser en leur arrachant une de leurs fausses-pates.
La nymphose se fait dans environ 20-25 cm de terreau (ou tourbe). Il faut prévoir plusieurs enceintes pour séparer le plus possible les chenilles : si elles sont trop nombreuses dans une même boite, elles se dérangent les unes les autres ce qui peut provoquer des défauts dans la nymphose (chrysalides déformées n’arrivant pas jusqu’à éclosion). Le mieux reste encore de les isoler (bouteilles en plastique…). Une autre astuce consiste à récupérer les chenilles en pré-nymphose quelques jours après l’entrée en terre (lorsqu’elles ne sont plus mobiles) et à les placer à la surface du terreau : avec cette méthode, je n’ai eu aucune malformation. Cette dernière technique permet aussi de faire quelques observations interessantes (Annexe 7)
La chrysalide se forme environ 8 jours après l’entrée en terre.
Les chrysalidesLa récolte peut se faire dès 8 jours après l’entrée en terre, mais je recommande d’attendre au moins 10 jours (sinon 15) pour éviter d’endommager les chrysalides nouvellement formées de certaines retardataires.
Ces chrysalides sont de grande taille et peuvent même atteindre 7 cm de long ! (Annexe 8 )
A ce stade, le sexage est possible en observant l’extrémité de la chrysalide (Annexe 9).
Cette espèce est migratrice et ne supporte pas le froid : il n’y a donc pas de diapause et les chrysalides doivent être conservées à l’intérieur, y compris en hiver (pas de frigo !). On les placera à la surface du terreau en prévoyant un système pour que les imagos puissent y grimper s’y développer (Annexe 10).
L’éclosion survient plus ou moins 4 semaines plus tard, suivant la température d’élevage (peut aller jusqu’à 8 semaines en conditions naturelles, en milieu tempéré !). On peut la repérer en observant régulièrement les chrysalides : quelques jours avant éclosion, les dessins de l’adulte deviennent visibles par transparence.
Les imagos(Annexe 11)
Ils sont parmi les lépidoptères les plus robustes : ils ne s’abiment pas ou très peu lorsqu’on les manipule, ils ont une force bien supérieure à celle des autres hétérocères et ils possèdent un moyen de défense, dont il faut se méfier, sur leurs pates : de longues épines très pointues (Annexe 12) ! Ils sont donc parfaitement adaptés au pillage des ruches dans la nature !
Une autre particularité assez curieuse : lorsqu’ils sont dérangés, ils ont la capacité d’émettre un son (sorte de grincement, ressemblant au son émis par certains coléoptères, mais en plus intense).
Correctement nourris, ils vivent environ 3 semaines.
1/ Le nourrissage
Les imagos doivent être nourris « à la main ». Pour les alimenter, on utilisera une solution de miel dilué dans 1/3 (ou 1/2) d'eau.
La méthode consiste à attraper fermement l’imago entre le pouce et l’index (ils se débattent, glissent et émettent un son) et à dérouler sa trompe (très courte) à l’aide d’un cure-dent (préférer un cure-dent à une épingle car cette dernière pourrait le blesser) avant de la plonger dans la solution d’eau miellée (Annexe 13). Cette opération doit être réalisée pendant la journée, période de repos de ces papillons ; le soir, ils sont beaucoup trop agités.
S’ils se débattent vraiment trop, réessayer le lendemain (ils peuvent rester plusieurs jours sans manger tant que ça n’excède pas 3-4 jours). Il peut aussi arriver qu’ils s’endorment, la trompe se repliant dans la solution : dans ce cas, je les laisse dans cette position car il arrive qu’en se réveillant il se nourrisse, ou je déplie la trompe plusieurs fois dans le but qu’il se mette à l’actionner.
Il n’est pas rare que le premier jour après éclosion, les imagos refusent de se nourrir.
2/ La reproduction
L’accouplement est normalement spontané et très bref (il est même possible de passer à coté) à température ambiante (Annexe 14).
S’il n’est pas spontané, on pourra augmenter la température (Jusqu’à 28°C voire 30°C), mais personnellement, je n’ai pas de problèmes de reproduction à température ambiante, et il suffit juste parfois d’attendre quelques jours avant que l’accouplement se produise. Pas d’accouplement manuel possible.
Juste avant l’accouplement, on peut observer une sorte de « parade » plutôt buyante : le male se frotte contre le femelle en émettant un son durant quelques minutes (voire pendant près d’une heure !) puis la femelle relève son abdomen pour faciliter l’accouplement.
Un « organe » assez particulier est présent sur le coté (face ventrale) du male, entre le thorax et l’abdomen : des androconies* (Annexe 15) : ils émettraient donc des phéromones sexuelles !
De plus, on peu noter la présence, toujours chez le male, d'un pic (crochet) d'environ 3 mm à l'extremité de son abdomen : il devient visible lorsqu'on appuie sur l'abdomen.
Il est nécessaire d’alimenter très régulièrement les femelles pour obtenir des pontes ; on placera aussi un bouquet de la plante hôte dans l’enceinte pour stimuler la ponte.
Elle s’effectue 1 à 3 semaines après l’éclosion des imagos et se fait en général sur les feuilles de la plantes hôte, mais aussi sur les parois de l’enceinte.
3/ L’enceinte
Concernant la taille de la cage, l’OPIE conseille une enceinte d’environ 1m3, ce qui me paraît plutôt grand étant donné que j’utilise des cages d’environ 60 x 35 x 35 cm et que je n’ai aucun problème de reproduction (éviter la surpopulation !).
L’isolement des couples donne de meilleurs résultats : ils ne sont pas perturbés lors de l’accouplement.
Une petite mise en garde : ces papillons sont des professionnels de l’évasion, il vaut donc mieux prévoir une enceinte quasiment hermétique !
Température25°C semble être une température qui facilité les accouplements spontanés. Néanmoins, la température ambiante (20-21°C) convient parfaitement.
Par contre, veillez à ne pas descendre en dessous de 18-19°C : au delà, les chenilles se développent trop lentement ce qui peut causer leur mort.
RemarquesElevage assez simple, ne présentant que peu de difficultés : les chenilles sont très résistantes, notamment aux viroses, mais nourrir les imagos peut poser problème.