Bonjour Steph,
J'ai déjà élevé
Callophrys avis, mais pas
callophrys rubi (un comble !).
Cependant, voici quelques tuyaux récoltés ça et là.
Deux principaux problèmes semblent se présenter aux éleveurs.
- Dans certaines régions, l'identification de la PHL. En effet, tout comme
T. ballus, alors que la chenille est polyphage sur l'ensemble de son aire de répartition, elle privilégie souvent une seule plante dans certaines zones. Toutefois, les rares évocations d'élevages semblent sous-entendre qu'en captivité la chenille accepte de nombreuses PHL. Je possède un ouvrage un peu ancien, mais de grande qualité, dont l'auteur avance que la chenille peut être nourrit avec différentes espèces de Genista (genêts), Cytise ainsi que d'autres Fabacées dont l'Anthyllis vulnéraire (légumineuse présente sur tous les coteaux calcaires).
- Un problème avéré est celui du cannibalisme. Unanimement, la littérature souligne cette tendance comme très affirmée chez
C. rubi.
Sur ce point, je peux simplement te dire que pour d'autres espèces réputées cannibales, je me suis aperçu que tant que la nourriture est abondante il n'y a pas réellement de problème. Il faut juste isoler les chenilles prêtes à chrysalider, car la "pré-chrysalide" est toujours très vulnérable.
- Enfin, voici quelques observations faites à partir de l'élevage de
C. avis.
Par analogie, elles devraient être an partie valables pour
C. rubi. Dès l'instant que la PHL est identifiée, la ponte se fait très facilement en recourant au dispositif déjà décrit. Comme toutes les thècles, les femelles sont faciles à nourrir, car elles viennent volontiers pomper des quartiers de pommes légèrement enduits d'eau sucrée. La ponte se fait directement sur les feuilles, les fruits des arbousiers et même sur la gaze et le couvercle de la boite. Lorsque le temps est bien ensoleillé, la ponte peut être importante (jusqu'à 100 oeufs), sinon c'est une espèce qui pond assez aisément sous lumière artificielle.
En règle générale, la femelle ne pond pas immédiatement après la capture. Un ou deux jours sont nécessaires pour observer les premiers oeufs.
Les chenilles se nourrissent des jeunes feuilles de l'année et rechignent à entamer les feuilles trop coriaces. Par conséquent, il faut être en mesure de leur procurer des jeunes rameaux durant tout le développement larvaire. Cette dernière observation ne vaut, à mon avis, que si tu élèves
C. rubi sur
Vaccinium, mais pas si tu parviens à l'éléver sur des légumineuses.
Il faut compter un mois entre l'oeuf et la chrysalide. Ensuite, il suffit de placer les chrysalides en hivernage soit à l'extérieur, soit dans le réfrigérateur. Pour des raisons mal identifiées (peut être un manque d'humidité...) les pertes durant l'hiver peuvent être importantes, mais surtout il n'est pas rare de voir éclore des imagos dès le mois de décembre !
C. avis éclos le 11 décembre 2001 :
